Lukas, un comédien dans la trentaine, est invité à faire un discours à l’occasion des retrouvailles de son ancienne école secondaire, un établissement de Laval où il a jadis passé à travers ses études comme on survit à des bombardements. Or, il s’interrompt lorsqu’il aperçoit cette bande de garçons, tout au fond de la salle. Peu à peu, il délaisse son discours préparé et refait le chemin mémoriel de cette invective, ce « mot en t » que ces garçons lui lançaient à tout moment dans les corridors. De douloureux souvenirs refont surface : le camp de soccer où il a échoué à faire partie de la gang des gars, toutes ces journées où il a dû subir le rejet et les insultes, mais aussi sa première fois au Cabaret Mado, ses premières amitiés sincères et salvatrices avec des garçons bienveillants… C’est le modèle de masculinité qui lui a été imposé que Lukas démonte en pièces, à travers ce qui devient au fil des pages un rituel de consolation.
Une histoire d’émancipation en forme d’hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont survécu à leur secondaire.
